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Sécheresse Oculaire et Écrans

Pourquoi le travail sur écran favorise la sécheresse oculaire, et comment limiter la fatigue visuelle numérique au quotidien.

Pourquoi les écrans assèchent-ils les yeux ?

Le mécanisme principal est bien établi : devant un écran, la fréquence de clignement diminue significativement — jusqu'à environ 2 à 3 fois moins qu'en conversation normale. Or c'est le clignement qui étale le film lacrymal et renouvelle la couche lipidique protectrice.

À cela s'ajoutent souvent une position de regard plus ouverte (écran en hauteur, plus grande surface oculaire exposée à l'air) et un air ambiant sec (climatisation, chauffage, open-space).

Photo : travail prolongé sur écran, fatigue et sécheresse oculaire

Travail prolongé sur écran

Devant un écran, on cligne 2 à 3 fois moins souvent : le film lacrymal s'évapore et les yeux piquent en fin de journée

La fatigue visuelle numérique

Brûlures, picotements

S'aggravant en fin de journée

Vision floue transitoire

Se corrigeant en clignant

Maux de tête, fatigue

Souvent associés aux yeux secs

Gêne le soir

S'accumulant au fil de la journée

Et la lumière bleue des écrans ?

C'est un sujet souvent mis en avant, mais à nuancer : à ce jour, aucune preuve solide ne démontre que la lumière bleue émise par les écrans endommage directement la rétine aux niveaux d'exposition habituels. En revanche, elle peut perturber le rythme circadien et la qualité du sommeil en soirée — un effet indirect mais réel sur le confort visuel général. Les filtres anti-lumière bleue n'ont pas démontré d'efficacité prouvée sur la sécheresse oculaire elle-même ; le vrai levier reste le clignement et les pauses.

Comment limiter la sécheresse liée aux écrans ?

La règle du 20-20-20

Toutes les 20 minutes, regarder un point situé à 20 pieds (environ 6 mètres) pendant au moins 20 secondes. Ce simple réflexe relance le clignement et repose l'accommodation.

Cligner consciemment plus souvent, en particulier lors de tâches de concentration intense
Positionner l'écran légèrement en dessous du niveau des yeux, pour réduire l'ouverture palpébrale
Humidifier l'air ambiant, éviter le flux direct de climatisation ou de chauffage vers le visage
Larmes artificielles en journée si besoin, en prévention avant une longue session sur écran
Corriger toute erreur de réfraction non corrigée, qui aggrave l'effort visuel et la fatigue oculaire
Faire des pauses réelles, en s'éloignant de tout écran (téléphone compris) régulièrement

Si la gêne persiste malgré ces mesures, un bilan de la surface oculaire est utile pour rechercher un dysfonctionnement des glandes de Meibomius ou une blépharite associée, qui bénéficient d'une prise en charge spécifique.